jeudi, 08 mai 2008

Propagande magazine

274913142.jpgLe numéro d'Avril de Strasbourg Magazine a paru.
Il signe l'installation du nouveau maire de Strasbourg : Roland Ries.

On aurait pu s'attendre à une révolution dans l'édition du journal municipal. Car à entendre M. Ries pendant la campagne, le Tandem produisait une communication toute à sa gloire, totalement orientée sur ses "graaandes" réalisations de verre ou de béton. De fait, on avait droit dès la première page de ce graaand format, à Fabienne, au bras de Robert, regardant plein de ferme ambition et de fière affection surjouée, du haut de leur 9e étage, l'horizon strasbouregois.

De révolution il n'y en a point. Le mot est d'ailleurs bani du discours socialiste. De fait, on a droit en première de couverture à une photo pleine page de Roland Ries, en contre-plongée, les mains en l'air signant la victoire. A croire que le nouveau maire est toujours en campagne. A ceci près qu'il a oublié d'appliquer à lui même les critiques qu'il adressait à l'équipe sortante.

Où est le changement de ton promis ? Le discours humble et le style "proche" ?
Peut-être en page 3 ? Non. L'édito du maire se penche sur son "immmmmense responsabilité" et "l'espéraaaance profonde" des habitants.
Regardons en page 5 alors ? Toujours pas de mesure dans les propos. De la retenue ? N'y pensez pas ! On y décrit avec crue de mots glorifiant "un large consensus autour de R. Ries" et "une élection toute en émotion" devant une salle "comble" où on sentait "une rare intensité". "Le tout à l'image de l'homme, dans l'échange et le respect".
Jusqu'aux pages "quartiers" on profite de l'exposition du "Schwörbrief" à Neudorf pour louer le "geste fort, significatif" du maire bien aimé, photo à l'appui.

Peut-être aurait-on pu préférer que la nouvelle municipalité commence à distiller les éléments de sa nouvelle politique, qu'on explique les domaines de compétences conférés aux adjoints, les pistes de fonctionnement des nouveaux conseils de quartiers ... Autant d'éléments qui, on l'espère, sont déjà conceptualisés par le nouveau maire bien que tout fraîchement élu. En lieu et place, Roland Ries Mega-Star ...

J'espère profondément que le journal d'information municipal sera à l'avenir complètement revu tant sur le fond que sur la forme. Sa raison d'exister est en premier lieu pour informer les Strasbouregois de l'actualité culturelle, associative, économique, artistique, et - bien sûr - politique ... Une telle parution est censé donner les clés de la ville aux strasbourgeois et non promouvoir la municipalité en place.
C'est mal parti pour la nouvelle équipe qui semble confondre les outils de communication municipaux à un mauvais tract de campagne.

Strasbourg magazine doit changer de ton. Passer du descriptif pompeux à la valorisation honnête et complète de toutes les initiatives qui font aller notre ville de l'avant. Certaines grandes villes y parviennent. Roland Ries, après l'euphorie compréhensible de la victoire, souhaitera peut-être s'engager sur cette voie. C'est aussi, malgré tout, comme cela qu'on rénove la démocratie de proximité et qu'on passe d'une politique partisane et fermée à l'application d'un projet à destination de tous ... comme de chacun.

vendredi, 25 avril 2008

L'Orateur et les Militants

1130751112.jpgAprès le succès de la première fable, je ne résiste pas à l'envie de vous en proposer une nouvelle.
Les discours entendus en ce moment sont sources d'inépuisable inspiration.

Travaillez, prenez de la peine :
C'est de fond dont on a bien besoin.

Un bel orateur, sentant son influence vaine,
Fit venir les adhérents, leur parla sans témoins.
« Gardez-vous, leur dit-il, de vendre mon héritage
Et d'aller bien trop de l’avant.
Notre seul salut réside là dedans :
Je vous veux en l’endroit ; réunis et bien sages.
Au bureau installé, ma parole sera pour vous.
Rameutez votre camp et j’organise tout. »

« Pensez, créez, convainquez ; laissez place à l’audace,
A l’adhérent toute la place ! »,
Au bel orateur répliquèrent les adhérents.
Ambition, fond et éthique sont signes de nouveaux temps,
Nous en sommes l’apanage.
Les manœuvres ne seront point cachées. Mais l’orateur bien sage
Doit comprendre que dès lors
Dans la parole des militants réside le trésor.

Librement adpaté de Jean de La Fontaine,
Le Laboureur et ses Enfants

mardi, 01 avril 2008

Les réalisations cachées du Tandem

1913001761.jpg1071199439.jpgFabienne Keller et Robert Grossmann, avant de quitter leur tour d'ivoire, ont laissé derrière eux des projets inaboutis. Malheureusement, les broyeuses ont parlé et beaucoup de grands dossiers ont disparu à jamais.
L'oeil averti du strasbourgeois peut pourtant s'il est attentif, prendre conscience des Grandes Réalisations Englouties qui ne naîtront jamais.
Un exemple.

L'aéroport d'Entzheim a été un sujet vivement polémique pendant la campagne. Cependant, on ignore quel était le véritable dessein de l'équipe municipale sortante : elle avait le désir caché de combiner les avantages du TGV concurrent (l'accès direct en centre ville) avec le confort et la rapidité de l'avion. Entzheim : premier aéroport mondial à desservir un centre ville. Mais comment me direz-vous ?

Hé bien, tout simplement en réalisant une nouvelle piste d'atterrissage sur la Place Kleber, capable d'accueillir les plus gros porteurs internationaux. Les travaux avaient déjà commencé et ont été abandonnés en l'état comme en témoignent ces clichés pris le week-end dernier. La société Altaréa, à qui on a confié un bail emphytéotique, avait d'ailleurs pour mission cachée de transformer le bâtiment de l'Aubette en aérogare tout confort. Objectif déjà partiellement atteint.

Espérons que ces Grandes Réalisations Tandemiques seront révélées après l'audit de Rolland Ries et de son équipe et qu'ils pourront poursuivre cette grande oeuvre de rénovation urbaine !
On parle déjà d'un Grand Opéra Européen subaquatique sous l'Ill au niveau des ponts couverts... rien ne dit quel montant les contribuables devront encore débourser ...

dimanche, 30 mars 2008

Celui qui voulait se faire plus orange que le MoDem

98178858.jpg

Un homme fut au MoDem
Il lui semblait de bon futur.
Lui, qui n’était pas cohérent du tout dans ses thèmes,
Envieux, s’étend, et s’enfle, et confabule,
Pour porter sa personne en modèle,
Disant : « Rassemblons-nous, confrères ;
C’est assez ! dites-moi ; nous n’avons plus de désaccords !
– Mais si. – C’est votre fait ! – Ambition voilà tout. – Ô stérile voie !
– Retrouvons nous sur valeurs et éthique. » Le passéiste déplore,
Méprise et s’engonce dans un discours inconstant.
Le MoDem a toujours des gens qui ne sont pas plus sages :
Des orateurs qui manient avec grâce le double discours,
Des figures arrogantes, qui veulent louanges ou cours,
Mais qu’on ne peut contredire sans subir fusillade.

Librement inspiré de Jean de La Fontaine,
La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

vendredi, 08 février 2008

Les tripes à la mode de ...

3c5924803932448029a13c4767c0edb1.jpgHier soir en bon Normand qui n’oublie pas ses racines, je dégustais un plat de tripes. Plongé dans mes pensées et dans ce beau plat orangé (accompagné de pommes rissolées) je me laissais emporter par le doux fumé qui se dégageait.

Je revoyais ceux qui, petit, avaient toute mon admiration : les membres du Conseil de l’Ordre de la Confrérie de la Tripière d’Or. Dans leur grande toge rouge et bleu et sous leur petit chapeau, la gravité de leur air jovial leur donnait toute importance. Et là, mon esprit se mit à chercher quel Strasbourgeois de renom ferait le plus beau Grand Maître de la Chancellerie … un seul visage s’imposa : celui de Robert Grossmann.
Lui seul a ce regard sévère mais rigolard, ce côté bon vivant local qui faisait dire à celui devenu président : « Robert, vous êtes inexportable ! ».

C’est vrai qu’il a cette patine terroir Robert. Et, doublée de cette autorité sourcilleuse, elle lui assure toute légitimité pour tenir le grand sceptre.

Mais la tripe ne se laisse pas régenter si facilement. Surtout, elle refuse qu’on s’installe dans la « République des Andouilles ». Qu’elles soient de Vire ou d’ailleurs ! La tripe, elle s’exprime. Elle ne se laisse pas enfermer pas dans un boyau de la pensée.

Alors oui … on peut dire qu’on en fait tout un plat, que ce n’est pas toujours très ragoûtant, qu’il y en a de bonnes et de plus fades … Mais quand la tripe s’exprime, c’est vrai, fort, sincère et souvent honnête. Qu’elle ait tort ou raison, elle suscite toujours le débat et le fait avancer de manière constructive.

Trop me diront que leur avis est fait, qu’il ne changera pas. Bougons ! On ne va pas construire quelque chose de nouveau et d’ambitieux avec des hésitations calculées ou des positionnements trop faciles et dictés par l’habitude. Soyons courageux, osons laisser la tripe s’exprimer. C’est ce qu’attend la Grande Confrérie : de l’authentique, du constructif. Elle veut qu’on entende ses attentes et qu'on s'impreigne de ses exigences … avant qu’elle ne partage le camembert.

Le site de la Grande Confrérie.

samedi, 26 janvier 2008

L'Altareaubette

4a62266f0065482de115e122fb7ad6c1.jpgLa société Altaréa vient d'installer son fanion sur les bâtiments de l'Aubette, place Kleber à Strasbourg. Bientôt, tous les centres ville n'auront pu résister au grand bâtisseur. Tous ? ... On nous annonce fièrement une ouverture pour 2008, il s'agit de se dépêcher. Et sans attendre le verdict de la population qui, choisissant la nouvelle équipe municipale, dira si oui ou non elle choisit de conforter le promoteur immobilier dans son action ... de saccage.

Si le Tandem est reconduit, alors oui, Altaréa pour être fier de son Altareaubette ! Après avoir vidé de tout son contenu les salles basses du bâtiment historique, lorsqu'il ne subsistera plus que l'enveloppe soutenue par quelques étaies ... Alors l'uniformisation mondialisante pourra commencer. Les promesses du groupe ne laissent aucun doute. On nous propose un contenu uniforme et sans âme qu'on retrouve déjà dans tous les centres ville d'Europe (voir la carte de l'empire Altaréa). La société, cotée à la Bourse de Paris, s'est vue octroyée un bail emphytéotique par la municipalité actuelle. Son projet ? A l'encontre du commerce humain et de proximité, "un ensemble commercial sur trois niveaux, avec une dizaine de boutiques, trois à cinq moyennes surfaces et deux ou trois restaurants répartis sur deux bâtiments reliés par une galerie vitrée couverte et une résidence de tourisme trois étoiles". L'Aubette, ruinée, n'appartiendra plus aux Strasbourgeois. Ni dans la forme ni dans l'esprit.

Si les citoyens ont à coeur de défendre une alternative humaine et citoyenne, alors ils doivent se détourner des projets pré-pensés par des intérêts économiques purement privés, qui vident peu à peu les coeurs urbains de leur chaleur, de leur convivialité et de leur originalité. Fabienne Keller et Robert Grossmann ont passé leur mandat à bâtir des "boîtes" vides de contenu et d'âme. Boîtes culturelles comme le Zénith (gestion confiée à Vega, filiale d'Universal) ou la Grande Bibliothèque qui risque de vider celles des quartiers. Boîte politique, centrée et fermée sur le 9e étage d'une tour de la place de l'Etoile.
Au contraire, nous devons soutenir et porter des projets originaux, qui proposent de construire une alternative humaine au tout financier. Celui soutenu par Aubette Demain en est l'exemple même. La future équipe municipale que souhaite conduire Chantal Cutajar s'est engagée dans cette voie. Il ne sera peut être alors pas trop tard pour l'Ilot de l'Aubette. Altaréa, opposée à la volonté populaire, devra alors savoir être sage et se reporter sur des projets tout aussi fructueux mais peut être moins prestigieux. Le coeur de la capitale Alsacienne pourra alors battre de lui même, plus vivant que jamais, fort de son identité !

dimanche, 13 janvier 2008

Ouverture !

a771e2c6dbc99dc3b47714f6d51c3ac7.jpgJ'ouvre aujourd'hui mon petit carnet ... Un carnet d'humeurs, de clins d'oeils ou d'opinions. Surtout, je le veux ouvert. Ce n'est pas un petit carnet de notes, encore moins un petit carnet de poche. Ouvert donc ...

En politique, voilà un mot dont le sens aura bien glissé en quelques mois ...
L'ouverture, proposée par François Bayrou c'était la rencontre de compétences sur un projet commun ou des axes d'accord précis. On pouvait venir de gauche, de droite, dès lors qu'on soutenait les valeurs démocrates et qu'on respectait les différences des uns et des autres, le travail commun pouvait être fructueux. On est plus créatif, plus ingénieux, plus efficient en frottant sa cervelle contre celle des autres. Les motivations, le cap doivent seulement être partagés, et l'honnêteté totale.
L'ouverture, mise en exergue par Nicolas Sarkozy, c'est un paquet électoral. Les seules motivations sont le pouvoir et l'ambition personnels, le seul moteur de cette excroquerie, le copinage électoral. On ne partage pas de valeurs, on n'enrichit pas les idées communes, on accepte ce qui se fait et on se tait. On doit bien ça ... D'ailleurs, tout est fait pour éviter les vagues. Les ministères attribués sont ceux des domaines présidentiels réservés, des conseillers pariculiers jouent les artibres et court-circuitent le moindre réseau tendu. Cet état de fait n'est pas viable sur le long terme, il se nourit seulement des intérêts électifs de ceux qui y souscrivent.

Ce qui est particulièrement inquiétant c'est que l'ouverture sarkozyste, sous l'impulsion de son mentor, s'entend à tous les échelons de notre république. Prennons les municipales strasbourgeoises. Le Tandem, qui "renouvelle son équipe", débauche en tous sens, brouille les pistes et n'installe que quelques grelots au cadre brinqueballant de sa monture. C'est bien le contraire de ce qui se profile dans le projet du MoDem et de Chantal Cutajar. Nous voulons une plateforme, fondée sur un projet, qui pourra accueillir les expériences et les ambitions de tous ceux qui partagent la vision d'un Strasbourg démocrate, vivant ... un Strasbourg qui respire ... enfin !