vendredi, 25 avril 2008

L'Orateur et les Militants

1130751112.jpgAprès le succès de la première fable, je ne résiste pas à l'envie de vous en proposer une nouvelle.
Les discours entendus en ce moment sont sources d'inépuisable inspiration.

Travaillez, prenez de la peine :
C'est de fond dont on a bien besoin.

Un bel orateur, sentant son influence vaine,
Fit venir les adhérents, leur parla sans témoins.
« Gardez-vous, leur dit-il, de vendre mon héritage
Et d'aller bien trop de l’avant.
Notre seul salut réside là dedans :
Je vous veux en l’endroit ; réunis et bien sages.
Au bureau installé, ma parole sera pour vous.
Rameutez votre camp et j’organise tout. »

« Pensez, créez, convainquez ; laissez place à l’audace,
A l’adhérent toute la place ! »,
Au bel orateur répliquèrent les adhérents.
Ambition, fond et éthique sont signes de nouveaux temps,
Nous en sommes l’apanage.
Les manœuvres ne seront point cachées. Mais l’orateur bien sage
Doit comprendre que dès lors
Dans la parole des militants réside le trésor.

Librement adpaté de Jean de La Fontaine,
Le Laboureur et ses Enfants

vendredi, 04 avril 2008

Le MoDem doit être capable de choix ambitieux

1334518604.jpgAlors que nous sommes aujourd'hui plein d'espoir et d'ambition pour la construction d'un Mouvement Démocrate fidèle à l'esprit de renouveau insufflé par François Bayrou et tous ceux qui l'ont rejoint à l'issue de l'élection présidentielle, certains prônent en tous lieux un retour en arrière.
Ceux-là même ont régulièrement montré leur réticence ou ont brillé par leur absence lors des évènements majeurs qui ont posé les premières pierres de notre mouvement nouveau.

Le MoDem doit maintenant se structurer, s'étoffer, prendre de l'assurance. Je comprend la nostalgie de quelques figures de l'UDF. Mais nous ne devons pas calquer le MoDem sur des pratiques anciennes et des ambitions atones. Sans renier aucune des valeurs défendues avec force par l'UDF, la démocratie interne au MoDem doit vivre, positivement. Elle doit être le vecteur d'un débat politique riche, tant sur le fond que sur la forme, et doit faire naître de vrais choix.

Un rassemblement arrangé ne saurait poser les fondations d'un mouvement sain. Seul le débat, le choix démocratique d'une vision et d'une ligne claire pourront donner l'élan et la clarté nécessaires à notre voie politique. Cela devra se faire sans toutefois étouffer les différents opinions qui peuvent coexister s'ils regardent dans le même sens. C'est une richesse si tous partageons le même dessein.

Je reprend en ce sens le texte proposé par Eric Lafond - candidat à l'élection municipale de Lyon - co-signé par Quitterie Delmas et d'autres élus au conseil national.

Centristes, Démocrates, le choc des cultures.

"La transition entre l’UDF et le Mouvement Démocrate se fait dans la confusion. Le dire ainsi relève même de la litote, mais le propos n’est pas de s’appesantir sur le constat.

L’explication tient à un choc de cultures dont l’intensité est à la hauteur des espoirs qu’a fait naître la campagne présidentielle de François Bayrou. Il est deux choses que souvent les analystes et commentateurs perdent de vue. La première est que les adhérents au Mouvement Démocrate sont venus au lendemain d’une défaite – défaite honorable certes, mais défaite quand même -. La seconde est que l’immense majorité des nouveaux adhérents ne vient pas du jeu partisan préexistant. Pour la première fois depuis longtemps la création d’une force politique n’est pas le fruit d’un jeu à somme nulle de militants politiques changeant d’étiquette.

Ces nouveaux adhérents ne font pas pour autant table rase du passé. L’engagement européen, le projet économique humaniste sont des valeurs portées à l’identique par l’UDF et le Mouvement Démocrate. Et bien d’autres sujets constituent notre terroir commun malgré nos origines diverses.

La nouveauté, les points de divergences, et parfois de rupture, sont autres. Ils tiennent aux règles de fonctionnement, à la pratique politique et à l’ambition. Les nouveaux adhérents attendaient beaucoup de l’adoption des statuts, tant par le processus qu’ils devaient enclencher que par le cadre de fonctionnement qu’ils allaient offrir. Nous affirmons sans crainte d’être traités de naïfs que les élections internes valent mieux que les désignations, que la démocratie interne doit suivre des règles écrites plutôt que des arrangements sur la confiance supposée, que le respect des statuts vaut mieux que le fait du prince des responsables locaux. Là se situe un premier point de tension avec une partie des adhérents de l’UDF, habitués à se connaître et aux règlements d’alcôves. L’agitation née de la démocratie interne bouscule les habitudes et les positions établies et concrétise ainsi le « Mouvement Démocrate ».

Bien que né dans la défaite électorale, le Mouvement Démocrate a des adhérents ambitieux. Ils sont venus au militantisme pour convaincre de la nécessité d’une nouvelle pratique du pouvoir, pour sortir du clivage et donc pour emporter des élections. Ils ont aussi conscience que l’électeur lambda – ils en étaient voici encore quelques mois – demande de la cohérence et de la continuité dans l’action politique. Ils militent donc avec ambition pour l’indépendance. Il est alors remarquable de constater que les nouveaux venus du PS font souvent cause commune avec les habitués de la maison UDF pour revendiquer le pragmatisme qui garantit des élus. Mais ce pragmatisme lui même change de visage. Là où on parlait d’alliances, les démocrates parlent de partenariats, d’accords qui reposent sur un « esprit » de contrat. La mise en œuvre des projets passe alors par des élus démocrates partenaires ou indépendants. Le second point de tension se situe ici entre une culture de la défaite anticipée et une volonté d’engagement électoral sans faille.

Enfin il existe chez les nouveaux adhérents une forme d’irrespect et beaucoup de constance. Irrespectueux à l’égard des positions établies, des statuts acquis en interne, ils peuvent faire preuve de virulence. Elle trahit une absence de calculs et une liberté à l’égard des élus en place. Ils ne sont pas venus par ambition personnelle mais n’accepteront pas d’être cantonnés au rez-de-chaussée de la maison sans avoir accès aux étages. Entêtés ils sont venus bâtir cette maison, cet espace politique que François Bayrou a décrit à Seignosse.

Rigueur, enthousiasme et ambition, liberté et constance dans les convictions, voici l’apport des nouveaux adhérents du Mouvement Démocrate à la famille UDF. Nombreux sont les adhérents UDF qui ont accueilli avec espoir l'arrivée de ces derniers, avec qui ils forgent cette nouvelle culture démocrate. Qu’ils soient anciens du CDS ou de la campagne de 2001, ils ont trouvé là la continuité de leurs engagements. Tous unis, nous donnons corps au projet démocrate !"

dimanche, 30 mars 2008

Celui qui voulait se faire plus orange que le MoDem

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Un homme fut au MoDem
Il lui semblait de bon futur.
Lui, qui n’était pas cohérent du tout dans ses thèmes,
Envieux, s’étend, et s’enfle, et confabule,
Pour porter sa personne en modèle,
Disant : « Rassemblons-nous, confrères ;
C’est assez ! dites-moi ; nous n’avons plus de désaccords !
– Mais si. – C’est votre fait ! – Ambition voilà tout. – Ô stérile voie !
– Retrouvons nous sur valeurs et éthique. » Le passéiste déplore,
Méprise et s’engonce dans un discours inconstant.
Le MoDem a toujours des gens qui ne sont pas plus sages :
Des orateurs qui manient avec grâce le double discours,
Des figures arrogantes, qui veulent louanges ou cours,
Mais qu’on ne peut contredire sans subir fusillade.

Librement inspiré de Jean de La Fontaine,
La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf

jeudi, 27 mars 2008

Ces jeunes de la vieille politique

1960339991.jpgDernières Nouvelles d'Alsace - 27.03.08
"Un certain nombre de jeunes militants du MoDem ont été incités à voter pour les Verts au premier tour de l'élection municipale strasbourgeoise. Et ils l'ont fait. Le but était de faire échec à la stratégie de leur propre candidate MoDem, Chantal Cutajar, à laquelle ils s'opposaient et qui souhaitait "assécher" l'électorat des Verts. Le contrat a été d'une certaine manière rempli. Les Verts sont arrivés devant le MoDem au premier tour des municipales à Strasbourg. Et ce sont eux qui ont pesé dans la balance face au PS, jusqu'à faire alliance. Quant à la candidate du MoDem, son faible score la fragilise maintenant face à tous ceux qui veulent prendre le leadership du parti centriste. On attend la suite des évènements ..."

Le chemin va-t-il être si long pour construire un Mouvement Démocrate où le navire n'est pas sabordé de l'intérieur par les matelots ? Qu'on soit en désaccord avec un positionnement, bien que choisi et souhaité lors d'un vote des adhérents, peut être compréhensible. Mais communiquer de la sorte pour discréditer une candidate dans l'objectif d'une élection interne est plus que déplorable ! On perçoit même dans ce 'chuchotement' un stratagème pervers à plusieurs niveaux.

  • L'implication de "jeunes" au sens large porte le doute sur toute l'équipe des Jeunes Démocrates : cela devra être corrigé;
  • La dévalorisation d'un score qui, s'il n'est pas exceptionnel, demeure dans la moyenne nationale des grandes villes où le MoDem défendait une liste autonome ;
  • La désolidarisation totale vis à vis du MoDem par la publicité d'un acte et d'un choix personnel. Cela va pourtant gravement à l'encontre de notre charte éthique;
  • L'attitude destructrice de ces personnes qui, pour arriver à prendre un pouvoir interne, n'hésitent pas à discréditer le Mouvement dans son ensemble auprès de nos concitoyens.

Ces 'jeunes', vides de courage et d'ambition pour le MoDem, n'exercent nullement une pratique 'jeune' de la politique. J'espère sincèrement qu'ils retrouveront leurs esprits pour une rénovation réelle de notre pratique démocratique. Ou bien, peut-être pourront-ils aller chasser leurs mauvais esprits ailleurs ...