samedi, 26 janvier 2008
L'Altareaubette
La société Altaréa vient d'installer son fanion sur les bâtiments de l'Aubette, place Kleber à Strasbourg. Bientôt, tous les centres ville n'auront pu résister au grand bâtisseur. Tous ? ... On nous annonce fièrement une ouverture pour 2008, il s'agit de se dépêcher. Et sans attendre le verdict de la population qui, choisissant la nouvelle équipe municipale, dira si oui ou non elle choisit de conforter le promoteur immobilier dans son action ... de saccage.
Si le Tandem est reconduit, alors oui, Altaréa pour être fier de son Altareaubette ! Après avoir vidé de tout son contenu les salles basses du bâtiment historique, lorsqu'il ne subsistera plus que l'enveloppe soutenue par quelques étaies ... Alors l'uniformisation mondialisante pourra commencer. Les promesses du groupe ne laissent aucun doute. On nous propose un contenu uniforme et sans âme qu'on retrouve déjà dans tous les centres ville d'Europe (voir la carte de l'empire Altaréa). La société, cotée à la Bourse de Paris, s'est vue octroyée un bail emphytéotique par la municipalité actuelle. Son projet ? A l'encontre du commerce humain et de proximité, "un ensemble commercial sur trois niveaux, avec une dizaine de boutiques, trois à cinq moyennes surfaces et deux ou trois restaurants répartis sur deux bâtiments reliés par une galerie vitrée couverte et une résidence de tourisme trois étoiles". L'Aubette, ruinée, n'appartiendra plus aux Strasbourgeois. Ni dans la forme ni dans l'esprit.
Si les citoyens ont à coeur de défendre une alternative humaine et citoyenne, alors ils doivent se détourner des projets pré-pensés par des intérêts économiques purement privés, qui vident peu à peu les coeurs urbains de leur chaleur, de leur convivialité et de leur originalité. Fabienne Keller et Robert Grossmann ont passé leur mandat à bâtir des "boîtes" vides de contenu et d'âme. Boîtes culturelles comme le Zénith (gestion confiée à Vega, filiale d'Universal) ou la Grande Bibliothèque qui risque de vider celles des quartiers. Boîte politique, centrée et fermée sur le 9e étage d'une tour de la place de l'Etoile.
Au contraire, nous devons soutenir et porter des projets originaux, qui proposent de construire une alternative humaine au tout financier. Celui soutenu par Aubette Demain en est l'exemple même. La future équipe municipale que souhaite conduire Chantal Cutajar s'est engagée dans cette voie. Il ne sera peut être alors pas trop tard pour l'Ilot de l'Aubette. Altaréa, opposée à la volonté populaire, devra alors savoir être sage et se reporter sur des projets tout aussi fructueux mais peut être moins prestigieux. Le coeur de la capitale Alsacienne pourra alors battre de lui même, plus vivant que jamais, fort de son identité !
23:38 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : aubette, strasbourg, altaréa, chantal cutajar, tandem





