lundi, 18 février 2008

R. Ries : « Je suis sénateur et j’ai d’autres préoccupations. »

Débat à la Cité de la Musique, retransmis sur France 3 et France Bleu Alsace.
Six candidats à la mairie de Strasbourg, deux journalistes pas toujours impartiaux, un public (bien trop) chauffé à blanc.

Le décor est planté. Reste plus (c’est comme les réalisations du Tandem) qu’à le remplir. Moments forts.

Acte I – Exposition

On nous présente Fabienne Keller. Robert Grossmann n’est jamais loin. A l’image au dessus de son épaule, avachi sur sa chaise, la tête des mauvais jours, il grommelle ou pouffe, c’est selon. Madame la Sénatrice, à chaque question esquive, rappelle son bilan, évoque des pistes d’améliorations là ou il faudrait des autoroutes.

On salue Roland Ries. D’entrée, il se prend les pieds dans le tapis. Monsieur le Sénateur est Sénateur, ne l’oublions pas. Il a « d’autres préoccupations » et sera un maire de « transition ».


La scène est immortalisée.

Chantal Cutajar, candidate du Mouvement Démocrate, se trouve dès lors à débattre « entre un ancien maire sénateur de gauche et un maire sortant sénateur de droite ».
Entre ce choix vendu d’avance, Chantal Cutajar et le candidat des Verts font au final bien bonne figure. Eux seuls détaillent des propositions concrètes, résolument neuves et qui répondent aux attentes des Strasbourgeois. Comme souvent cependant, le candidat des verts s’enferme parfois dans des démonstrations dictées par la doctrine plus que par la conviction. L’exemple du masque d’infirmier qu’il brandit menaçant (et qui n’empêcherait nullement la pollution de l’air de pénétrer dans nos poumons) en est un bon exemple.

Acte II – Le militant wouarf-wouarf

On ne peut malheureusement pas dire que l’audience aura brillé par son sens civique et son intelligence. Les partisans sans compromis du PS et de l’UMP (je persiste, l’UPS est bien une liste du parti présidentiel) huent leur opposant ou acclament leur idole de manière réflexe et automatique, avec grand bruit … y compris lorsque l’un dit en des mots différents ce que l’autre vient d’affirmer.

On peut même se demander si ces manifestations ne révèlent pas le peu de confiance que chacune des équipes concède à son candidat. Si celui-là était si brillant, si percutant, si incisif, quel besoin y aurait-il d’hurler de vilains mots ou faire la claque si grossièrement ? Le débat politique n’est pas un match de boxe, les idées ne s’enfoncent pas à coups de gants.

Sans doute est-ce la sincérité de Chantal Cutajar qui lui aura valu ce dédain profond des deux « professionnels » de la politique. Sourires niais et ricanements méprisants répondaient à ses analyses parfois piquantes et ses propositions concrètes.

Acte III – Le dénouement : la démocratie de proximité contre la proximité démagogique

Finalement, les deux candidats de droite extrême présents auront permis à Fabienne Keller de se sortir des impasses dans lesquelles elle s’enfonçait. Rebondissant avec indignation sur les abominations distillées, elle en profite pour contourner les sujets lancés par les autres débatteurs et botter en touche.

Le téléspectateur n’est pas dupe et retiendra que le dernier bon mot revient à Chantal Cutajar. Voulant « élever le débat sur la démocratie de proximité », elle propose une mesure majeure et qu’aucun des autres candidats ne veut : le référendum d’initiative locale. Si 20% des citoyens le réclament, et sur de nombreux sujets importants, les Strasbourgeois pourront être consultés et leur voix entendue.


L’extrait concernant la présentation de cette mesure phare.

On retiendra au moins une chose.

L’antidote de l’autoritarisme du Tandem, ce n’est pas R. Ries qui veut uniquement redonner la balle à son camp idéologiquement rouillé.

L’antidote, c’est le projet et l’espoir portés par l’équipe autour de Chantal Cutajar. Elle seule est résolument tournée vers les Strasbourgeois … dans leur diversité.

vendredi, 18 janvier 2008

"Strasbourg a changé" ...

701a5e905d7710c1859c12c2da0bf517.jpg... de maire ... pourront titrer les DNA au soir des élections de mars prochain. Du moins si les Strasbourgeois font preuve de discernement.

On ne peut y échapper ... Dans les rues, nos boîtes aux lettres, nos journaux, et nos ordinateurs, en couleurs (du orange et du vert, tiens donc), tout en arrondis et en mouvements, ...
Vous ne pouvez l'ignorer : le Tandem dépose son bilan !

Et il le fait savoir. Prenez ce document que m'a remis la semaine dernière ce gendre idéal d'une bonne famille UMP. Papier glacé et lettres grasses, Robert et Fabienne, leur action sous tous les plans.
La couverture donne le ton : ici, pas de place aux petites choses. A Strasbourg, on voit en grand. Voyez plutôt : Gare, Zénith, Tram et Iceberg y cohabitent fièrement. Tournons les pages, il faut du factuel : des photos en voulez-vous en voilà, et un gros chiffre toutes les deux phrases ... une politique humaine est sans aucun doute dénombrable. Et pour qu'on comprenne bien, on le scande sur plusieurs pages ...
Bien sûr, certaines actions sont particulièrement intéressantes et vont dans le bon sens ... Dommage que beaucoup ne puissent honnêtement pas être mises au crédit des sortants. Mais mises en relief sans scrupule et de manière outrancière, maquillées des banales généralités à la modes, elles perdent toute leur substance et se noient dans une juxtaposition de slogans aussi creux qu'exagérés.

Cadeau bonus de ce premier document de campagne : l'agenda 2001 > 2008 des inaugurations assurées par notre exécutif en sursis. Il s'agit là de ma double page favorite. C'est là qu'en un coup d'oeil, on peut se rendre compte du manque cruel et flagrant de vision politique dont Strasbourg a pu manquer. Point de cap, mais un patchwork de mesures attendues : grandes choses (tri sélectif, écomobilité) et petites annonces vagues pour combler les trous ("Poursuite de l'effort pour la sécurité", "Début" et "Fin des travaux de ...").
Les grandes réalisations nées de l'ambition pour les quartiers dont se targue tant l'équipe municipale actuelle ? Quatre années sur six, on met en avant les mairies de quartiers et leurs conseillers. Quelle révolution !
A parcourir ce beau panorama, on pourrait aussi croire le Tandem omnipotent. La présidence française de l'UE ? Le Tandem ! L'ENA à Strasbourg ? Le Tandem ! Les pôles alsaciens de compétitivité ? Encore le Tandem ! Même Marc Albrecht (chef du philharmonique) devient une réalisation du Tandem ! Un peu curieux on l'admettra ...

Finalement, en dernière page, la mauvaise fois atteint son paroxysme. Pas de mesure dans les propos. Ils ont bien fait, tout fait, sur tout, partout. "Modèle inédit de gouvernance", d'accord. Mais "partage des responsabilités, prise de décision plus équilibrée" ... ne se moque-t-on pas du monde "dans la plus grande transparence" ?
Fabienne Keller et Robert Grossmann en dirigeant exclusivement l'un pour l'autre n'ont pas "donné la priorité" aux Strasbourgeois. La priorité ? C'est eux.
En témoigne ce document sans aucun regard critique sur leur parcours, aucune volonté d'admettre certains ratés ou manquements. Certes, ce n'est pas encore là leur programme. Mais on ne perçoit pas même l'esquisse d'une nouvelle piste sur laquelle s'engager ou de signal fort pour une prolongation de leur action.
Et pourtant ... si les Strasbourgeois reprennent "La priorité" de 2001, petit livre blanc dans lequel le Tandem s'engageait, ils verront que les grandes phrases d'hier n'ont pas fait les beaux jours d'aujourd'hui.
Alors, en mars, les Strasbourgeois reprendront les clés de notre cité. Et au manque de vision du Tandem, à son obstination de se mettre systématiquement au coeur de sa politique, nos concitoyens préféreront un projet humain, ambitieux et juste. Un Strasbourg résolument nouveau où chacun pourra mettre son désir et son espoir dans la construction partagée de notre destin commun.

Dépot de bilan sur le site de l'UPS : www.unionpourstrasbourg.fr