mardi, 15 avril 2008
Bayrou fait son Haka
Alors qu'on s'enfonçait peu à peu dans une situation ou chacun tirait un peu plus la couverture à soi sans savoir quelle était la taille de l'édredon ...
Alors qu'on ne cessait d'opposer centre-droit, droit centre un peu gauche et centre-gauche, là où on attendait des Démocrates ...
Alors qu'on rejetait responsabilité d'échec ou échec des responsabilités sur l'un ou l'autre ...
Alors qu'on grommelait sur Madame, trop influente, ou Monsieur, trop personnel ...
Alors qu'artificiellement, d'aucuns prônaient rassemblement stérile coupé du fond et des vrais choix qui doivent fonder notre Mouvement ...
Alors qu'à radio Nostalgie résonnait la rengaine entêtante du passé glorieux des ténors du centre historique ...
... l'arbitre Bayrou avait laissé son équipe sur le terrain, s'étriper.
Des joueurs tiraient contre leur camps, d'autres bottaient en touche, certains encore préféraient retourner sur le banc alors que l'arbitre comptait les brins d'herbe.
Balle au centre, coup d'envoi !
Il aura fallu une menace téléguidée de l'extérieur pour que la faute soit sifflée. C'est un peu comme ces routes que l'on refait d'urgence quand un accident dramatique a eu lieu.
"Je le dis aux adhérents qui ont fait le Mouvement démocrate : c’est maintenant à vous de vous exprimer. C’est votre détermination qui fera tranquillement échec à toutes les manoeuvres, d’où qu’elles viennent. Je vous appelle à exprimer votre conviction, à prendre à votre tour les choses en main. (...)
Pour moi, les choses sont claires : je n’accepterai plus ni manoeuvres internes, ni déstabilisation externe, ni le bazar. C’est vers nos adhérents que je me tourne. (...) Il faut leur faire confiance pour trancher, pour fixer une fois pour toutes le cap et les règles, et donc le destin, de notre mouvement."
Enfin pourrait-on dire, François Bayrou se tourne vers l'équipe ne se s'est jamais détourné de la ligne qu'il avait tracé : les adhérents. Alors qu'il avait levé une attente énorme, tous ceux là restaient souvent dans l'expectative et l'inquiétude tant le discours sur le terrain pouvait être coupé des actes.
Nous allons alors assister à une double clarification incontestable. D'abord, celle de la ligne et de la stratégie politique du MoDem, avec le vote d'une motion d'orientation. Ensuite, celle de l'organisation locale de notre Mouvement qui devra être à l'image de ce qu'attendent les militants.
Par de vrais choix démocratiques, l'enjeu est de sortir d'un parti de notables où les personnalités représentaient leur chapelle plus qu'une voix militante. Ainsi, le MoDem aura des représentants qui émergeront réellement de l'expression et de la volonté de ses adhérents.
On le voit encore aujourd'hui, François Bayrou a finalement ce pouvoir incroyable de susciter l'espoir et l'engouement au moment ou, au sol, le brouillard est le plus épais.
Espérons qu'ils ne seront cette fois pas ternis ou déçus et que le capitaine tiendra la barre sur le cap fixé par les vents militants.
08:03 Publié dans MoDem | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : françois bayrou, modem, politique, mouvement démocrate
jeudi, 06 mars 2008
Pourquoi le MoDem sera le parti jeune du XXIe siècle
Selon une étude de 2001 (Revue française de science politique, no 5/6, 2002, pp. 521-544), 85 % des jeunes ne s’intéressent que peu ou pas à la politique, 82 % pensent que les politiques ne sont pas à leur écoute et seuls 6 % pensent adhérer à un parti.
Mais l’indice le plus révélateur me semble-t-il est celui-ci : 66% ne se placent pas sur une échelle de classement politique. Il démontre à quel point la jeunesse ne veut pas - plus - se laisser enfermer dans une pensée bipolaire notamment au regard des défis du monde d'aujourd'hui : mondialisation, écologie, construction européenne.
Et ce sont justement ces défis qui transcendent le clivage gauche-droite depuis quelques années.
Toutefois, le désintérêt prononcé par rapport à l’engagement politique dans ses formes classiques n’est pas nécessairement désintérêt pour le politique. Il me semble qu’il ne faut pas limiter l'engagement des jeunes à l'engagement politique. On le voit, la jeunesse s’engage pleinement dans des actions concrète sous des formes diverses, notamment en milieu associatif ou caritatif.
L’engagement devient plus "thématique", à la carte.
Ces phénomènes soulèvent la question de la place du collectif dans notre société de plus en plus individualiste.
Aujourd’hui, il n’y a plus de transmission de l’héritage dans sa forme traditionnelle. Il ne s’impose plus comme allant de soi, mais passe par sa mise en débat, en discussion, son expérimentation. L’acquisition d’une capacité à délibérer, à juger, à choisir, à négocier, devient essentielle. C’est une volonté de mise à distance critique vis-à-vis des cadres sociaux et des groupes d’appartenance.
Le modèle classique d'engagement politique n'est plus réellement d'actualité.
Alors, plutôt que de changer les jeunes, nous devons changer les formes d'engagement politique.
Avec la création du Mouvement Démocrate, on assiste à une formidable occasion de porter ce changement. Et nous voulons le mettre en œuvre.
Nous ne nous soumettons pas à une pensée toute faite qui impose un carcan inadapté à l'épanouissement de l'esprit. Nous proposons la réconciliation de l'individu avec le collectif.
A mon sens, le MoDem est l'organisation politique qui a formalisé sous son aspect le plus abouti cette nouvelle forme de mouvement politique qui met le citoyen libre et responsable au cœur de son action.
Le MoDem s’appuie sur des valeurs, défend le pluralisme, et l’éthique politique pour que les aspirations de l’homme soient en adéquation avec l’épanouissement de son engagement.
Les valeurs du MoDem : une autre conception du politique
Le préambule des statuts souligne que notre organisation « garantit l'équilibre entre le la libre expression des adhérents et le principe de cohérence des instances élues. »
A l'opposé d'une culture du chef ou d'une bataille de courants, nous construisons nos positions collectives à partir des individualités qui s'expriment et partagent des valeurs fondamentales communes.
« Le but de notre action est l’établissement d’une société de liberté, de responsabilité et de justice orientée vers l’épanouissement intellectuel et moral de la personne humaine et des communautés dans lesquelles celle-ci s’enracine.»
« Le principe d’une telle société est la démocratie, qui vise à porter au plus haut la conscience et la responsabilité des citoyens. »
Quel autre mouvement pose la responsabilité des citoyens comme la pierre angulaire de son action ? C’est pour cette raison que nous ne concevons pas le vote réflexe comme un instrument d’opposition. Nous refusons le repli sur soi face au monde qui nous entoure.
Le pluralisme comme ingrédient fondamental de la démocratie
« Le pluralisme politique et médiatique, garantit seul la liberté de penser, la liberté d’opinion, l’émancipation des citoyens et leur faculté politique. » La carence de pluralisme dans notre pays est à mon sens une des causes premières du rejet par les jeunes du fait politique qui veut placer les individus dans des cases ou des schémas de pensée.
Le pluralisme, même si c'est moins lisible, confortable et simple est l’un des ingrédients indispensables à l'élévation de l'esprit et de la démocratie.
Ces valeurs fondatrices s'appuient par ailleurs sur une pratique éthique de la politique qui assure la liberté du citoyen au sein de notre mouvement.
« Les élus ne relèvent pas d’un mandat impératif, ils exercent leur mandat en conscience » et « la liberté de vote est la règle. »
Cette liberté personnelle ne va pas à l'encontre de la solidarité du groupe mais elle l'accompagne en responsabilisant chacun de ses membres.
Nous assumons le débat interne et considérons le dénigrement externe comme incompatible avec l’engagement. Ainsi nous ne sommes pas dans l'invective ni dans l'opposition frontale stérile.
C'est sur ces valeurs humanistes et pluralistes que se fonde l'action du Mouvement Démocrate. Le point central est l'individu responsable et non la masse influente.
J'y vois une forme politique nouvelle qui incite à l'expression et à l'épanouissement personnel au profit de la collectivité.
Cette nouvelle forme d'engagement politique - où l'on garde toute sa liberté – est pleinement en accord avec l'aspiration de la jeunesse de s'engager personnellement sans se renier et en acquérant l'expérience nécessaire à la poursuite d'un parcours.
C’est pour cela que le Mouvement Démocrate, premier parti du XXIe siècle et en construction, préfigure d’une nouvelle génération politique. Une génération pleinement engagée où toutes les individualités concourent au progrès collectif vertueux.
16:21 Publié dans MoDem, Opinions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : jeunes, modem, engagement, politique, mouvement démocrate






