vendredi, 11 avril 2008

Qui veut flinguer le MoDem ?

154316408.jpgLe quotidien Le Monde s'est procuré ce jour une note interne de l'Elysée. Elle révèle les intentions de notre Président qui n'a vraiment rien d'autre à faire que de se préoccuper des petits jeux politiques. "François Bayrou, continue d'occuper Nicolas Sarkozy, qui cherche à isoler l'ancien candidat à l'élection présidentielle", nous dit Le Monde.

Et comme un traître peut en cacher d'autres ... "Dans cette note (...) M. Paillé fait la liste de tous les éléments qui pourraient contribuer à fragiliser M. Bayrou. Le conseiller du président insiste notamment sur les "mouvements" qui sont récemment apparus au sein du groupe sénatorial centriste. M. Paillé se félicite que "les ministres centristes (...)" aient "redoublé d'assiduité auprès des sénateurs centristes pour leur proposer une alliance plus claire au sein du Nouveau Centre (NC)" (...). Selon M. Paillé, "un tiers" du groupe sénatorial serait prêt à s'engager dans cette voie.

Le conseiller du chef de l'Etat indique que le président du groupe centriste, Michel Mercier, "a fait savoir à François Bayrou et Marielle de Sarnez qu'il ne les suivrait plus dans des opérations suicides et sectaires et que c'était là sa responsabilité de trésorier à la fois de l'UDF et du MoDem". (...) M. Paillé qualifie de "proposition pertinente" l'idée émise par le député européen centriste Thierry Cornillet, de "retravailler dans le cadre de l'UDF historique sans François Bayrou". La note de l'Elysée aborde très directement les ambitions personnelles des uns et des autres (...).

M. Paillé évoque enfin ce qui constitue un enjeu essentiel pour l'avenir politique du MoDem, et donc de son président : le partage des subventions publiques aux différentes formations politiques. "Il est clair qu'à quelques semaines du versement aux partis politiques de la dotation publique de l'Etat, les sénateurs centristes et de nombreux élus locaux ne veulent plus en faire bénéficier François Bayrou et Marielle de Sarnez", assure M. Paillé.

"En conclusion, indique-t-il, il est possible dans les semaines qui viennent que les UDF centristes historiques récupèrent même matériellement le siège du parti et tous les actifs qui y sont, lesquels appartiennent toujours formellement à l'UDF. Nous nous retrouverions alors avec un parti centriste supplémentaire (l'ancienne UDF) entre le NC et le MoDem."

Soyons vigilants 

J'avoue avoir beaucoup de difficultés à percevoir l'honnêteté de ceux qui au niveau national comme à l'échelle locale promeuvent l'idée d'un retour en arrière à l'UDF. On le voit, les intérêts personnels et les positionnements frileux sont au premier plan, le tout bien attisé par les sbires du président Sarkozy.
Le discours politique de François Bayrou n'a pourtant pas changé depuis la présidentielle (on peut d'ailleurs le déplorer). Mais pourquoi alors s'en indigner seulement aujourd'hui ? J'y vois deux explications :

  • Sans doutes est-il difficile pour ces figures élues sur des majorités UDF-RPR/UMP de se réveiller à l'aube de nouveaux enjeux électoraux qui les concernent. Alors que le MoDem se lance dans des stratégies autonomes qui seules assurent lisibilité et portée du discours, les élus prennent conscience du combat difficile à mener pour assurer leur siège dans cette configuration.
  • L'implication grandissante des militants dans les organes du MoDem et le poids décisionnel qu'ils sont amenés à exercer empêche toute ambition personnelle coupée du fond, des valeurs et des idées concrètes qui nous feront avancer. En outre, une voix forte de l'adhérent va à l'encontre de tout accord de couloir, rassemblement factice sans position commune, ou auto-proclamation grossière.

Nous devons être vigilants au niveau départemental pour que les idées d'un mouvement militant s'installent durablement.
François Bayrou doit être vigilant au niveau national et surtout s'entourer de personnes de confiance qui devront obtenir de vraies responsabilités dans le mouvement. Le président n'est pas seul ... alors il se doit de ne pas tout assurer seul !

vendredi, 04 avril 2008

Le MoDem doit être capable de choix ambitieux

1334518604.jpgAlors que nous sommes aujourd'hui plein d'espoir et d'ambition pour la construction d'un Mouvement Démocrate fidèle à l'esprit de renouveau insufflé par François Bayrou et tous ceux qui l'ont rejoint à l'issue de l'élection présidentielle, certains prônent en tous lieux un retour en arrière.
Ceux-là même ont régulièrement montré leur réticence ou ont brillé par leur absence lors des évènements majeurs qui ont posé les premières pierres de notre mouvement nouveau.

Le MoDem doit maintenant se structurer, s'étoffer, prendre de l'assurance. Je comprend la nostalgie de quelques figures de l'UDF. Mais nous ne devons pas calquer le MoDem sur des pratiques anciennes et des ambitions atones. Sans renier aucune des valeurs défendues avec force par l'UDF, la démocratie interne au MoDem doit vivre, positivement. Elle doit être le vecteur d'un débat politique riche, tant sur le fond que sur la forme, et doit faire naître de vrais choix.

Un rassemblement arrangé ne saurait poser les fondations d'un mouvement sain. Seul le débat, le choix démocratique d'une vision et d'une ligne claire pourront donner l'élan et la clarté nécessaires à notre voie politique. Cela devra se faire sans toutefois étouffer les différents opinions qui peuvent coexister s'ils regardent dans le même sens. C'est une richesse si tous partageons le même dessein.

Je reprend en ce sens le texte proposé par Eric Lafond - candidat à l'élection municipale de Lyon - co-signé par Quitterie Delmas et d'autres élus au conseil national.

Centristes, Démocrates, le choc des cultures.

"La transition entre l’UDF et le Mouvement Démocrate se fait dans la confusion. Le dire ainsi relève même de la litote, mais le propos n’est pas de s’appesantir sur le constat.

L’explication tient à un choc de cultures dont l’intensité est à la hauteur des espoirs qu’a fait naître la campagne présidentielle de François Bayrou. Il est deux choses que souvent les analystes et commentateurs perdent de vue. La première est que les adhérents au Mouvement Démocrate sont venus au lendemain d’une défaite – défaite honorable certes, mais défaite quand même -. La seconde est que l’immense majorité des nouveaux adhérents ne vient pas du jeu partisan préexistant. Pour la première fois depuis longtemps la création d’une force politique n’est pas le fruit d’un jeu à somme nulle de militants politiques changeant d’étiquette.

Ces nouveaux adhérents ne font pas pour autant table rase du passé. L’engagement européen, le projet économique humaniste sont des valeurs portées à l’identique par l’UDF et le Mouvement Démocrate. Et bien d’autres sujets constituent notre terroir commun malgré nos origines diverses.

La nouveauté, les points de divergences, et parfois de rupture, sont autres. Ils tiennent aux règles de fonctionnement, à la pratique politique et à l’ambition. Les nouveaux adhérents attendaient beaucoup de l’adoption des statuts, tant par le processus qu’ils devaient enclencher que par le cadre de fonctionnement qu’ils allaient offrir. Nous affirmons sans crainte d’être traités de naïfs que les élections internes valent mieux que les désignations, que la démocratie interne doit suivre des règles écrites plutôt que des arrangements sur la confiance supposée, que le respect des statuts vaut mieux que le fait du prince des responsables locaux. Là se situe un premier point de tension avec une partie des adhérents de l’UDF, habitués à se connaître et aux règlements d’alcôves. L’agitation née de la démocratie interne bouscule les habitudes et les positions établies et concrétise ainsi le « Mouvement Démocrate ».

Bien que né dans la défaite électorale, le Mouvement Démocrate a des adhérents ambitieux. Ils sont venus au militantisme pour convaincre de la nécessité d’une nouvelle pratique du pouvoir, pour sortir du clivage et donc pour emporter des élections. Ils ont aussi conscience que l’électeur lambda – ils en étaient voici encore quelques mois – demande de la cohérence et de la continuité dans l’action politique. Ils militent donc avec ambition pour l’indépendance. Il est alors remarquable de constater que les nouveaux venus du PS font souvent cause commune avec les habitués de la maison UDF pour revendiquer le pragmatisme qui garantit des élus. Mais ce pragmatisme lui même change de visage. Là où on parlait d’alliances, les démocrates parlent de partenariats, d’accords qui reposent sur un « esprit » de contrat. La mise en œuvre des projets passe alors par des élus démocrates partenaires ou indépendants. Le second point de tension se situe ici entre une culture de la défaite anticipée et une volonté d’engagement électoral sans faille.

Enfin il existe chez les nouveaux adhérents une forme d’irrespect et beaucoup de constance. Irrespectueux à l’égard des positions établies, des statuts acquis en interne, ils peuvent faire preuve de virulence. Elle trahit une absence de calculs et une liberté à l’égard des élus en place. Ils ne sont pas venus par ambition personnelle mais n’accepteront pas d’être cantonnés au rez-de-chaussée de la maison sans avoir accès aux étages. Entêtés ils sont venus bâtir cette maison, cet espace politique que François Bayrou a décrit à Seignosse.

Rigueur, enthousiasme et ambition, liberté et constance dans les convictions, voici l’apport des nouveaux adhérents du Mouvement Démocrate à la famille UDF. Nombreux sont les adhérents UDF qui ont accueilli avec espoir l'arrivée de ces derniers, avec qui ils forgent cette nouvelle culture démocrate. Qu’ils soient anciens du CDS ou de la campagne de 2001, ils ont trouvé là la continuité de leurs engagements. Tous unis, nous donnons corps au projet démocrate !"